About

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Sound as a final glazing

by Pierre Von Ow

For a few years now, Christine Vannier has been completing her creations with the addition of a recorded sound. Facing her multidisciplinary work, you may also now experience the internal thoughts of the artist. The subtlety of her impressive compositions resides in a harmonious blend made from her palette. Christine Vannier loves the riot of colors. She uses strong colors – fuchsia, lemon yellow, cyan blue – in her paintings as well as in her personal wardrobe, but she refuses any sort of color indecency. In the same way, the artist is fascinated by exuberance in action during ephemeral moments that reveal the inwardness of all the people she meets, from New York to Katmandu.

The progressive increasing of the dimensions of her paintings is the consequence of her desire to do a physical confrontation with the color and the spectator. Sharing is the raison d’être of her practice, Moving is her obsession and Women are the heart and the media of her reflection. In this triptych, Christine Vannier designs a sort of an intimate geography that we are invited to explore with her voice for guide.

How Christine Vannier was led to this concept of ‘’speaking works” is mostly due to her passion for music. The composition of her composite canvas deeply interacts with the melody of their creation. The fascinating part of Christine Vannier’s work is this supplément d’âme she integrates in our contemplation. The decision to turn to sound is also a result of this desire to be enveloped by the work, but also from her aspirations to be closer to the viewer. Christine Vannier is free and unabashed in using all the media. But there is one material she truly perfects: the sound. The latter is like a final glazing on her work, but the most subtle, the most encompassing and the most impressive. Her speaking works establish an intimate connection with each viewer, feeling a personal experience within the exhibition place, maybe a good definition of what happen after art.

Christine Vannier

by Marie Deparis-Yafil

L’œuvre de Christine Vannier a amorcé un tournant et pris une ampleur nouvelle. Dans sa peinture d’abord, sortant des mesures habituelles, elle s’est lancée dans de très grands formats. Cette expérience inédite pour elle a profondément changé son rapport à la toile comme matière, et à la texture de l’œuvre. Elle a ainsi d’abord pu expérimenter la possibilité d’un rapport plus physique, et plus émotionnel encore, dans la confrontation avec la matière, la toile, les pinceaux, les couleurs, et la nécessité de ce « corps à corps » a initié des sensations nouvelles. Dans le même temps, et cela pourrait paraître paradoxal, cette forme de libération du geste ne l’a pas amenée, comme on pourrait le penser, cet comme c’est souvent le cas dans la peinture abstraite, à un geste plus libre et instinctif, mais au contraire, à une attention accrue au détail de la composition, plus épurée au final, à l’aspect texturel de la toile. Si les peintures de Christine Vannier ont toujours nourri un rapport étroit au volume et à la profondeur, par des effets de grattage, l’inclusion d’éléments -souvent textiles- qui lui donnaient une sorte de géographie intime, cet aspect se fait maintenant à la fois plus présent et plus subtil, au coeur des couches de pigments en glacis.

Puis, le travail de Christine Vannier s’est ouvert à d’autres médiums, approchant d’autres modes d’expression.

La gravure, tout d’abord, qui, dans un travail de monotype à taille douce, renforce la saisie des lignes, dans des œuvres où compositions abstraites et figuratif alternent, jouant de la maîtrise comme de la part d’aléatoire de ce type de mode opératoire qu’est le travail de la presse.

Enfin, depuis peu, Christine Vannier sort de la bidimensionnalité de la toile ou du papier pour s’essayer au volume, au travers de sculptures patinées aux allures de bronze. Ce travail, en lien direct avec le versant figuratif de son travail, révèle une stupéfiante aptitude de l’artiste au modelage des formes, et ouvre, peut-être, à la perspective d’œuvres en installation, et à un nouveau regard.

Cette dimension figurative, qu’elle avait déjà amorcée depuis plusieurs années, se confirme, avec des séries de portraits féminins, dans lequel se mêlent le hasard des « restes » de peinture, et auxquels l’ajout d’une bouche, d’un oeil, métamorphosent un nuage coloré en un visage, une forme féminine souvent sensuelle, renforcée par l’utilisation récurrente de palettes d’orange et de rouges, évoquant un univers pictural entre une sorte de primitivisme et un fauvisme libre à la Van Dongen.

Car libre, Christine Vannier l’est plus que jamais, à mesure que se démultiplie, plus que jamais, cette joie de créer tout azimuts car, indéniablement, l’oeuvre de Christine Vannier se trouve enrichie de la diversité de ces approches nouvelles.